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<< Début < Préc 1 2 Suivant > Fin >>Un rôle vital pour les produits alimentaires locaux
7 juillet 2010Les denrées alimentaires locales – telles que le sésame, le tamarin et certaines feuilles – constituent des outils vitaux dans la lutte contre la malnutrition, selon des travailleurs humanitaires qui sensibilisent des familles dans le nord du Burkina Faso.
Les communautés qui connaissent la valeur nutritionnelle de ces produits locaux, et ont les moyens de les conserver et de les utiliser, sont beaucoup moins vulnérables, ont noté l'organisation non gouvernementale (ONG) Eau Vive et des travailleurs sanitaires locaux.
Des travailleurs sanitaires forment des femmes de la région à préparer une bouillie fortifiée à base de produits tels que le tamarin, le soumbala (un haricot local), le poisson et le fruit du baobab, a dit à IRIN Blandine Koné, sage-femme et éducatrice nutritionnelle dans la localité voisine de Gorom-Gorom. Ces femmes forment à leur tour leurs pairs au village. Eau Vive montre aussi aux populations comment tirer le meilleur du lait de leur bétail, en termes de valeur nutritionnelle.
« On produit beaucoup de lait dans la région du Sahel [où de nombreuse familles élèvent du bétail] de juillet à septembre », a dit à IRIN Juste Hermann Nansi, directeur pays d'Eau Vive. « Mais la majorité des gens jettent les surplus [de lait] faute de moyens pour les conserver ». Dans le cadre d'un projet de « sécurité alimentaire durable » financé pour trois ans par l'Union européenne, l'ONG apprend aux habitants à fabriquer un fromage qui se conserve plus longtemps que le lait et apporte un complément nutritionnel aux repas.
Des produits locaux conservés correctement peuvent contribuer à améliorer la valeur nutritionnelle des repas en particulier pendant la saison sèche, a dit Maïmouna Sanon Traoré, de l'Union européenne au Burkina Faso. « Les produits locaux sont recommandés au Sahel parce qu'ils sont disponibles sur place, s'adaptent aux habitudes alimentaires des populations et sont plus accessibles pour ces populations pauvres et vulnérables… le but ultime étant de prévenir la malnutrition et de lutter contre. »
Dépendance à l'aide alimentaire
Pour M. Nansi d'Eau Vive et des travailleurs sanitaires dans le nord du Burkina Faso, la promotion des produits locaux est aussi un moyen de combattre la dépendance. « Le fait que la région Sahel [soit] très sensible – sécheresse, manque d'eau, malnutrition – il y a une assistance perpétuelle. La zone est le plus souvent submergée [par] l'aide [extérieure]. Cela cultive quelque chose dans l'esprit des gens. », a dit M. Nansi. « Si notre approche marche et des gens arrivent à réduire le taux de malnutrition, on aura moins besoin de l'aide [extérieure] pour lutter contre la malnutrition ».
Eau Vive et les travailleurs sanitaires ont dit qu'il avait été difficile au départ de susciter l'intérêt des villageois concernant leur approche.
« Nous leur avons demandé de venir assister à nos démonstrations avec des ingrédients locaux », a dit à IRIN Mme Koné, la formatrice en nutrition. « Au début ils étaient déçus que nous ne venions pas avec des sacs de nourriture mais ensuite ils ont vu qu'ils avaient de bons aliments nutritifs à portée de main ».
M. Balima, le travailleur sanitaire, a dit : « la sensibilisation est le seul moyen de faire comprendre à notre population actuelle qu'il ne faut pas compter sur l'aide extérieure ».
Un régime alimentaire monotone
Malgré tout, les experts en nutrition disent que les régimes alimentaires locaux sont souvent déficitaires en nutriments essentiels, et que les projets de promotion des produits locaux doivent encore être mis en œuvre sur une échelle suffisamment grande pour réduire la malnutrition de manière significative.
« De nombreuses communautés dans cette région tendent à avoir un régime alimentaire très simple et monotone, et nous travaillons en permanence pour élargir la variété d'aliments qu'elles consomment », a dit Robert Johnston, spécialiste en nutrition du bureau régional du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) en Afrique de l'Ouest et centrale.
Les produits fortifiés – qu'ils soient fabriqués localement ou à l'extérieur – continueront à constituer un outil important dans la réduction de la malnutrition infantile dans la région, a-t-il dit. « On trouve [des pâtes et des céréales fortifiées] dans toute l'Afrique de l'Ouest », a-t-il dit, ajoutant qu'une tâche importante pour l'UNICEF, l'Organisation mondiale de la santé et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, était de s'assurer que de tels produits étaient sûrs. « Je pense que la plupart d'entre nous ne peut voir comment ces produits pourraient satisfaire les besoins en micronutriments et nutriments des jeunes enfants dans la région ».
Il a dit que promouvoir une diversification des aliments dans les régimes alimentaires des jeunes enfants était nécessaire et bénéfique, mais a souligné que ces produits devaient être disponibles et faire déjà partie des habitudes alimentaires des personnes en charge des enfants.
Eau Vive effectue actuellement un travail nutritionnel dans 104 villages du nord du Burkina Faso ; la surveillance de la croissance des jeunes enfants et l'éducation sur les causes et les traitements de la malnutrition font partie de ses activités.
Une étude menée par l'ONG dans la région en 2007 a montré que les familles comprenaient mal les besoins nutritionnels des enfants, a dit M. Nansi. « Beaucoup d'entre elles ne font pas le lien entre ce que mangent les gens et leur état de santé ». Il a noté que l'hygiène et l'accès à l'eau jouaient un rôle considérable dans une alimentation appropriée et le bien-être. « Résoudre le problème de l'accessibilité de la nourriture ne suffit pas ».
Source : United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs - Integrated Regional Information Networks IrinNews (http://www.irinnews.org/)
Journée mondiale de l'eau à Dori
A l’occasion de la dernière journée mondiale de l’eau placée sous le thème « de l’eau propre pour un monde sain », Eau Vive s’est mobilisée auprès des élus locaux de la région du Sahel burkinabé.
Elus locaux et leaders d’opinion se sont réunis à cette occasion à Dori (chef lieu de la région du Sahel), afin d’échanger sur les défis locaux à relever dans le secteur de l’eau et de l’assainissement et d’interpeller les décideurs nationaux.
Des troupes artistiques locales ont, par leur prestation, sensibilisé la population à l’importance de l’eau, son utilisation, la culture de la paix entre ses différents usages, mais aussi à l’hygiène et l’assainissement.
A l’issue de la journée, les élus locaux ont adressé un appel au gouvernement, au regard des engagements pris pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement à l’horizon 2015, à travers le programme national d’Approvisionnement en Eau Potable et l’Assainissement. Ils ont ainsi sollicité une mobilisation des décideurs, en appui à la gestion locale de l’eau sur leur territoire (réhabilitation d’infrastructures hydrauliques et d’assainissement , soutien à la création d’un fond communal de l’eau , réalisation d’études sur la disponibilité de la ressource, etc.).
Le Burkina Faso sous les eaux : après l'urgence, le développement
La vague d’inondations qui a frappé le Burkina Faso et plusieurs pays de la zone sahélienne début septembre a profondément bouleversé la marche quotidienne des populations pauvres vers le mieux-être.
A Ouagadougou, le bilan est lourd, nous comptons 150 000 sinistrés, 8 morts, plus de 24 000 maisons détruites sans compter les nombreuses infrastructures sociales qui ont été sérieusement endommagées.
Les plus vulnérables sont ceux qui étaient déjà dans la précarité et vivaient, pour la plupart, de petits revenus issus du secteur informel. Cette catastrophe a perturbé leur sérénité et bouleversé leur vie.
Pour faire face à la situation, des interventions d’urgence ont été entreprises par l’Etat et les partenaires au développement pour apporter le minimum à ceux qui ont tout perdu.
Cependant, il est important que l’urgence humanitaire soit suivie par l’appui au développement. Les populations doivent être accompagnées dans un projet de reconstruction et d’avenir. En effet, quelle que soit la nature des interventions d’urgence, elles requièrent une écoute attentive des préoccupations spécifiques des populations concernées et leur implication étroite dans les stratégies développées afin d’éviter les risques de dépendance et d’assistanat chez des personnes autrefois autonomes, dynamiques et engagées à progresser.
Eau Vive a donc entrepris, avec le soutien de plusieurs partenaires français, la mise en œuvre d’actions post urgence dans les communes de Bogodogo et de Nongremassom (deux communes d’arrondissement de Ouagadougou). Ces actions touchent divers domaines tels que l’équipement pour la collecte et l’enlèvement des ordures ménagères, l’équipement d’écoles en mobilier scolaire, la fourniture de kits scolaires aux enfants ou encore l’aide aux sinistrés pour la réalisation de documents administratifs emportés par les eaux et sans lesquels ils n’ont plus d’existence officielle et ne peuvent plus avoir accès à un quelconque service public ou privé. Eau Vive prévoit enfin d’aider les deux communes d’arrondissement de la capitale burkinabé pour la formulation d’un programme plus ambitieux sur le long terme pour redonner l’espoir là où il a été emporté par les eaux.*
Juste NANSI, directeur Eau Vive Burkina Faso
Eau et assainissement : des ouvrages et des compétences pour les communes de Mansila et de Tankougounadié.
Le Sahel burkinabé est l'une des régions les plus touchées par l'insuffisance d'accès des populations à l'eau potable et à l'assainissement. Selon la Direction Régionale de la Santé, les maladies liées directement à cette situation représentent 57% des motifs de consultations. Les communes de Mansila et de Tankougounadié n'échappent pas à cette situation.
En savoir plus
Le Burkina Faso sous les eaux
Interview du 25 septembre 2009 de Kokou SEMANOU – Directeur des opérations Afrique
Que fait Eau Vive aujourd’hui suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur le pays ?
Vu la mobilisation et les soutiens aux sinistrés, nous n’interviendrons pas dans la phase «d'urgence» mais plutôt dans la préparation du « post-urgence ». En bref, la situation semble être maîtrisée pour l'instant. Le gros problème est "comment aider les sinistrés à reconstruire leurs habitations et y retourner dans les meilleurs délais". Le gouvernement n'a pas encore donné de réponse à cette question, mais il lui sera difficile de construire des maisons pour reloger tout le monde. Donc pour Eau Vive, la priorité est d’aller directement vers ces familles dans leurs quartiers pour les aider à reconstruire leurs vies.
De même si les maires jugent qu'on peut les soutenir sur les nouveaux sites d'accueil, on ne va pas hésiter à le faire.
Quel calendrier pour Eau Vive ?
Nous avons rencontré les maires de Bogodogo et Nongremassom, les 2 arrondissements les plus touchés. Ils se sont organisés pour nous faire part précisément de leurs priorités et nous commençons à préparer avec eux les actions à mener (identification des bénéficiaires, les acteurs à associer, les différentes étapes de mobilisation).
Nous devions également nous assurer de l’engagement des donateurs. Nous avons eu, dès le 17 septembre, un engagement spontané à hauteur de 40 000 EUR de la part du Conseil régional Rhône-Alpes qui a été suivi le 23 septembre par le soutien de la Fondation JM Bruneau pour un montant de 20 000 EUR et par la mobilisation de l’antenne AVHEC Eau Vive qui a collecté 1 500 EUR. Forts de ces fonds débloqués, aujourd’hui, nous pouvons foncer.
À Ouagadougou, quelle est la situation des sinistrés ?
Mobilisation d'Eau Vive et de ses partenaires pour lse victimes des inondations au Burkina FasoConcrètement, la mobilisation au niveau du gouvernement est grande et reste soutenue.
L'eau s'est retirée à 70% des zones occupées. Malheureusement, les dégâts causés sont colossaux. Les sinistrés doivent reconstruire leurs maisons écroulées alors qu'ils n'en ont pas les moyens. Ils étaient 150 000 au départ, ils sont aujourd’hui environ 60 000 regroupés dans les écoles et sites d'accueil. Ils reçoivent quotidiennement des vivres. Ils avaient reçu les couvertures et le nécessaire pour le minimum de survie de la part du gouvernement et de ses partenaires (coopérations internationales, Programme Alimentaire Mondial, Croix Rouge, FAO,....).
Les écoles étant occupées, la rentrée scolaire va-t-elle être assurée ?
Probablement avec du retard. Mais le gouvernement s’active pour qu’elle puisse avoir lieu le 1er octobre comme prévue. Des sites d'accueil avec des tentes sont en construction pour libérer les établissements scolaires et accueillir les sinistrés. << Début < Préc 1 2 Suivant > Fin >>




