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Le wagashi contribue à améliorer l'état nutritionnel des enfants burkinabés



La malnutrition au Burkina Faso est particulièrement sévère dans la région du Sahel, où elle touche un peu plus de 25 % des enfants de moins de 5 ans. Avec l'appui d'Eau Vive, la situation nutritionnelle des femmes et des enfants s'est améliorée avec la consommation du wagashi, fromage peuhl produit localement.


Mme Mariam Bamouni, animatrice de nutrition du village de Touka Nalla, souligne que « depuis que nous avons montré aux femmes les différentes façons de consommer le wagashi, elles en mangent assez fréquemment, surtout pendant l’hivernage où l'on a beaucoup de lait. Pour les femmes allaitantes c’est devenu une façon d’enrichir leur lait au profit de leurs bébés […] et les enfants sont en meilleure état de santé ».


Pour briser le piège faim-pauvreté dans la région, Eau Vive s'appuie sur le développement de la production et la transformation locale des produits agricoles. Dans le cadre du programme de nutrition communautaire et de sécurité alimentaire durable au Burkina Faso, financé par l'Union Européenne, plus de mille femmes ont été formées aux techniques de transformation du lait en fromage, ainsi que sur ses utilisations culinaires.

 

Dans la région du Sahel, souvent les femmes possèdent leurs propres vaches et elles peuvent compléter leur production en achetant du lait au village. Ainsi, 7 litres de lait peuvent produire 1 kg de fromage. A présent, les mères de familles peuvent fabriquer le wagashi et le mettre à la disposition des familles pour améliorer leur alimentation.

 

Le wagashi s'accorde très bien avec les habitudes alimentaires locales et peut être facilement stocké sur une longue durée, contrairement au lait non traité. Comme le témoigne Mme Sanou Koné, « nous [en] mangeons dans la sauce avec du tô ou du riz, en brochettes, en soupe et même en sandwich avec du pain !... Cela remplace très valablement la viande » ou même « on le pétrit pour le mettre dans la salade, sous forme de mayonnaise, et c’est succulent ! ». Mme Hélène Kadidiatou, animatrice de nutrition du village de Kourakou le confirme : « je n’ai pas encore rencontré une femme qui n’a pas aimé le wagashi. Elles l'aiment toutes, leurs familles aussi ».

 

Madame Fatimata KAMBOURA - Présidente du groupement KWASAM SOLE (La Robe de la Vache)
Nous avons quelques vaches et nous achetons du lait en complément. Eau Vive nous a appris à faire le wagashi, ça nous permet de conserver le lait. On fait déjà du yaourt et du lait pasteurisé, mais ça ne se garde pas aussi longtemps.
Avant, si on n’avait pas de viande on ne pouvait pas faire de la sauce, mais maintenant, on prend deux litres de lait, on fait du wagashi et on peut faire la sauce avec.
Les gens ne connaissent pas trop, donc il faut faire la promotion. Nous faisons des gâteaux wagashi, on le fait frire et on rajoute du sucre. Les enfants adorent ça. On en fait aussi à la maison et on donne aux enfants des voisins par exemple. Ils adorent ça et montrent à leurs mères, qui viennent voir pour nous demander ce que c’est. On fait la promotion comme ça.
Au début mon mari pensait qu’on perdait beaucoup parce qu’il y avait beaucoup d’eau qui sortait. Mais quand il a vu que ça pouvait remplacer la viande il était content.
C’est bien rentable. Il faut 10 litres de lait pour faire un kilo de wagashi. On achète 10 litres à 3000 FCFA et on vent le wagashi à 6 000 le kilo. Avec les bénéfices on paye les factures, les fournisseurs, les petites dépenses et puis on peut épargner. Le groupement a déjà de l’argent épargné en banque, et nous souhaitons acheter un frigo pour pouvoir garder le wagashi frais.

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